Etre née à Alger dans les années 50, c'est être née dans un mensonge aussi multiforme que totalitaire que l'on repérera ensuite dans chaque rouage social et politique, où que l'on soit, même les yeux cousus à petits points fermés.
<?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p> </o:p>Entendre à la radio, un soir parmi d'autres identiques, qu'Alger fut tranquille toute la journée alors que l'on avait mitraillé plusieurs personnes dans la rue, et fait exploser des immeubles dans le quartier voisin, me fera douter à vie, de toute information distribuée par les médias.
<o:p> </o:p>Dans mon monde, chacun est différent de ce que l'on croit. Chacun peut révéler des trésors de bonté comme de cruauté, la plus profonde intelligence comme la plus sombre bêtise. Il n'y a rien qui vienne vous indiquer tout ce que peut faire ou penser un individu donné sinon votre propre tête et l'on fait tout pour l'embrumer. Toutes les étiquettes sont truquées et ne servent que ceux qui les ont collées là. Et tout se complique quand on sait qu'en tout être humain règne un colleur d'étiquettes.
Il n'y a rien de sûr, rien de déterminé. L'univers entier est en mouvement, entraînant avec lui, les vivants et les morts dans une histoire qui les dépasse mais dont chacun possède une télécommande au fonctionnement aléatoire mais irréversible. Attention de bien zapper, les mecs et tous en même temps, sans regarder le voisin, des fois qu'il se gourerait encore davantage que vous.
Une grosse et grasse plaisanterie. Combien de chances sur des milliards qu'on se branche sur le même programme ? de la différence naît la division mais la différence est indispensable à l'existence
Ou alors direct au nirvana, un grand bond juste avant le big bang, là où l'on se pétrifie dans l'éternité. Est-ce vraiment là la solution ?
<o:p> </o:p><o:p> </o:p>Je me méfie des bons sentiments. De cette gentillesse affichée à coups de sourires au bébé.
Du tout va bien entre gens bien, quel que soit le groupe envisagé qui se surprend lui-même par sa pensée droite, juste et policée.
Je me méfie de ceux qui positivent, le sourire à pleines dents et l'œil compassionnel.
La convivialité me demande trop d'efforts d'adaptation.
Et les fleurs fraîchement coupées par les autres me font frissonner.
Je préfère alors les cueillir moi-même ou tout au moins les acquérir de mon propre gré.
Au moins, je sais leur avoir demandé pardon.
<o:p> </o:p>comme Büchner « Jetzt bin ich ruhig »