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emménagement

Voici des mois que j'emménage dans une maison que nous n'avons pas tout à fait fini de restaurer. Même pas fini de tout transporter nos affaires. Entre un commerce et six enfants, des bricoles de nos parents gardées plus ou moins inutilement, ça c le fait d'être beaucoup, on se dit que ça servira tjrs à l'un ou à l'autre... bref, ça c'est horriblement accumulé.

Donc, j'ai passé le dimanche à essayer de combler les retards de rangement et nous ne sommes pas sortis.

J'ai quand même lu pendant mes petites pauses.

Hier matin, rentrant à la maison vers 11h, l’un de mes garçons, 18 ans, me demanda où j’avais été. Je l’informai : acheter quelques fruits et légumes chez le marchand de primeurs, du café soluble au minisupermarché du quartier et puis, surtout, à la bibliothèque. Je lui annonçai avoir choisi pour son père l’écrit d’un Allemand qui racontait l’histoire d’un ouvrier qui avait voulu s’instruire et s’apercevait que les rivalités des gens d’université valaient bien celles des prolétaires, et aussi butait sur ce pouvoir des mots et des théories bien éloignées des préoccupations matérielles des ouvriers.

Mon fils hocha la tête, d’abord se voulant compréhensif puis y renonçant, conclut, en harmonie involontaire avec le thème que je venais de citer : « Vous lisez trop »

Je le reconnais et je n'en suis pas fière. Lire est mon vice. Je suis une hyperphage de lecture.

C'est dû au fait que se sentant coupable de m'avoir fait tomber sur la tête par inadvertance, ma mère m'apprit à lire très très tôt pour voir si je fonctionnais bien. Dès que je sus à peu près, je m'envoyais les trucs de gosse d'alors, puis la bibliothèque visible de mes parents, et parallèlement celle qui était dissimulée dans leur chambre, quand ma mère s'absentait pour les commissions tandis que j'étais sensée faire mes devoirs. Je lisais sans arrêt, dirais-je, et quand je n'avais plus rien, lu jusqu'aux livres empruntés à la bibliothèque, je dévorais les livres de cuisine et quand je les connus trop par coeur, lors des moments de manque, je grignotai des bouts de trucs de mon père dont je ne comprenais rien de rien comme des machins sur les oscilloscopes ou sur les chambres à particules.

Tout cela pour dire que c'était un peu comme une maladie.

Hier, j'ai pensé à illustrer mon blog de trucs amusants quand il ne m'en vient plus, ce qui est le cas depuis que j'ai ouvert celui-ci.

Je vous servirai donc quelques citations admirables et un peu de poésie.

Une de circonstance, je ne sais si elle traîne sur le web, je l'ai trouvée dans ce qui sera mon missel, ces jours-ci, une compile de Jérôme Duhamel, le XXe siècle bête et méchant.

Ces phrases sont de Charles de Gaulle:

 "Le 18 juin, l'Appel, tout ce "machin", il n'y avait aucune raison pour que ça marche. D'abord, ce jour-là, personne ne m'a entendu. Ensuite, heureusement, par miracle, personne n'a fait le rapprochement, mais c'était l'anniversaire de Waterloo."

Voici un court poème du Russe Alexandre Kouchner traduit par Christine Zeytounian-Beloüs

un peu désabusé

L'être humain, paraît-il, est passé de mode.

La philosophie étudie sérieusement le problème

J'aimerais savoir ce que la nature va proposer à sa place.

Je trouve que c'est un peu dommage,

Mais pas au point d'en pleurer.

 

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