c'est la fête du ciné jusqu'à mardi, séance à 2€, une fois la première place payée,
alors bien entendu, on en a bassement profité, du moins j'ai poussé mon homme à ce comportement extrême, ô combien mesquin, qui consiste à aller voir des merdes parce que c'est pas cher
Obligée de l'y entraîner, vu que c'est lui qui conduit, ma coupe, ma coupe, ma coupe qui déborde et c'est pour ça que je m'appelle ficelle, je devrais dire ficelle à noeuds
vous n'avez rien compris, ce n'est pas évident, juste à dévider quand on a le temps et il se fait rare
donc on a vu plusieurs films depuis hier, et pas des meilleurs, vu le choix lamentable qui était proposé
bien sûr, c'était fait exprès
vont quand même pas nous brader de la toile finement brodée
Volver on l'avait vu, on s'est donc rabattu sur Rupture, comédie américaine avec Jennifer Aniston (celle des Friends) et ce pataud de Vince Vaughn

bon le thème, c'est bien sûr le titre illustré par l'affiche, une série de clichés très vrais dessinant des portraits types tout ce qu'il y a de plus authentiques, mais enfin cela manquait de signifiant, ça surfait dans le ketchup, on ne savait trop où ils voulaient en venir. Le rôle de leurs personnages moyens finissait par gommer toute vérité, ils avaient l'air de marionnettes encore mieux imitées que celles du guignol lyonnais. Ennuyeux donc, sans conviction bien que ce ne soit pas mal fait, disons que c'est du professionnalisme sans inspiration, sans vocation
ensuite, on a fait l'effort exceptionnel de voir un film français
nous avons cette audace lors des grands bilans existentiels de notre vie, à 40 ans, 50 ans, lorsque nos parents meurent, des trucs comme ça
hier, c'était les 54 ans de mon mari, et l'on s'est dit qu'à partir de 50 ans fallait se ressourcer régulièrement donc on a osé
favorisé aussi dans cet élan par la quantité de films français proposée, exception culturelle insistante
aussi, l'on nous avait dit du bien de L'OSS117, que c'était un excellent pastiche
donc, on y est allé, à deux euros, on s'est dit que c'était le moment où jamais
et bien, ça m'a rappelé ma belle-mère en période de soldes quand elle en profitait pour acheter toutes sortes de fringues et de godasses inmettables qui n'étaient même pas à sa taille qu'elle devait ensuite arriver à refiler aux copines quand la croix rouge n'en voulait pas
Bon, je ne dis pas, l'acteur, Jean Dujardin n'est pas mauvais du tout, il a un jeu de lippes particulièrement intéressant, faut dire que la nature l'a doté de longues lèvres molles que pas mal de putes lui envieraient
donc il n'est pas mauvais dans son rôle de benêt intelligent, Le Caire, nid d'Espions ferait même un bon sketch si tout était concentré en, disons, 4 à 6 mn au lieu de 90
car en 90mn, c'est long, répétitif, fadasse, en un mot chiant comme la lune qui se reflète sur une mer d'huile (mazout), et qui se la joue gothique en se voyant si noire
Bref, une question se pose, pourquoi sommes-nous si mauvais ?
C'est en ayant regardé lors d'une autre séance, Dikkenek, admirable filme belge

que j'aiguiserai le fil de ma pensée jaillissante comme sabre du fourreau
si les Belges sont si bons, alors que c'est des presque-français, c'est que c'est leur vérité, ce qui est d'habitude dissimulé, la laideur physique et morale, qu'ils mettent sur le plateau, leur connerie, leur vulgarité, leur perversité, ne sont pas inventées pour la scène, elles ne cherchent pas à faire beau, c'est du vrai, juste accentué un peu, et cela donne de la belle comédie humaine d'un humour aigu qui finit par atteindre le sublime
rien à voir avec tout ce creux à la française, tous ces blablablas et ces singeries complètement dénués de sens
en attendant, je vous conseille fortement d'aller le voir sur le champ et même de préférence dans une salle de ciné
en plus, pour une fois on y voit un zizi au lieu de femmes nues comme d'hab, ça change agréablement
c'est d'ailleurs un film particulièrement féministe malgré les apparences, j'ovationne donc
bref, si la France continue d'être aussi invivable, on s'en fout, on migrera chez les Wallons