• Trop de choses, trop de choses à faire qui étrécissent le temps du n'importe quoi.
    Les nouvelles technologies qui se multiplient n'ont rien arrangé.
    Envie d'écouter cet air de zik dont on vous parle, visionner ce film, apprendre cette langue, lire ce livre, cette revue, s'informer, faire un sport, prendre l'air, découvrir la nature, essayer une nouvelle recette, avoir sa maison propre, vivre dans l'hygiène, se maquiller, être coquette, materner, bisouter, séduire, surfer sur le web, rencontrer d'autres gens, dormir...
    Mon fils, hier me disait qu'il ne voyait plus passer le temps.
    Ma boulangère, ce matin, se plaignait que tout allait trop vite, plus le temps de se retourner, de s'occuper de son mari, de ses enfants, d'elle-même. Elle m'a demandé comment je faisais ? C'est souvent que l'on me demande ça parce que j'ai l'air de quelqu'un qui ne s'en fait pas vraiment donc qui n'est pas surmené.
    Pour une fois, j'ai donné une réponse sensée, j'ai dit que je faisais un planning. Elle m'a regardé avec admiration. alors j'ai tout gâché en poursuivant: mais je ne les suis jamais, le truc, c'est que je me suis résignée à l'incompétence: ma maison est sale, mes enfants mal éduqués et j'ai tellement de choses à faire que quand j'y pense trop, je retourne au lit en vitesse.
    Là, elle a ramassé ma monnaie avec quelque rigidité et l'a rangé avec attention dans son tiroir caisse pour me démontrer qu'elle n'était pas de ces femmes-là qui s'en foutent de tout.

    Bien sûr j'en ai un peu rajouté mais je devrais préciser ici que les plannings, c'est comme les budjets, quand on fait le compte des entrées et des sorties, on se prend un gros cafard et si on ne l'écrase pas bien vite en supprimant le tout, on risque fort de bouffer des patates à l'eau tout le mois ou en ce qui concerne le sujet dont je vous parle, à bosser du matin au soir sans discontinuer et sans la moindre distraction.

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  • je ne bois pas, ou très peu et rarement


    je ne fume pas ou seulement de la beu et très rarement


    je ne me drogue pas hardement ou alors seulement tous les trente ans 


    je ne baise plus aussi souvent qu'avant


     


    mais n'empêche que ça me rassure quelque part qu'il y ait des hommes et des femmes, en ce moment même, en train de s'adonner moultement à toutes ces activités de mille façons variées


    et que les choses restent disponibles à mon propre caprice sans que pour autant je sois menacée par l'hypocrite valétudinaire vindicte d'officiels de pacotille qui se la jouent 84


     


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    Il est dit que le vin change de goût selon la forme du verre qui le contient. C'est là un fait dont je ne doute pas, que chacun peut constater et qui dépasse certainement l'expérience subjective telle qu'elle est couramment définie. Il s'agit entre autres de concentrer l'arôme ou d'oxygéner plus ou moins le vin afin de développer le bouquet... La finesse du verre entre en compte et aussi son rebord qui doit s'effacer pour laisser les lèvres et la langue appréhender directement le contenu...




    De même l'inspiration change avec le médium qui lui permet d'émerger. Pour ne parler que d'écriture vous ne rédigerez pas la même chose à la main, à la machine ou sur un clavier d'ordi, et encore à chacun des postes, vous trouvez quantité de nuances différentes, au crayon, au bic ou à la plume, vieille olivetti ou Hewlett électrique, IBM, pc, mac à colonne, portable. Tant d'informations passent par le palper des doigts qui vous renvoient à des ambiances, celles de votre histoire ou d'autres, sagement thésaurisées dans votre adn ou ailleurs, là où s'accumule la mémoire karmique, peut-être tout simplement au sein de l'atome. Et puis aussi la vitesse d'écriture influe grandement, comme la respiration d'un amant qui rythme votre souffle et réveille vos sens.




    Enfin, il y a le lieu et l'environnement qui l'accompagne et où confluent nature et histoire humaine. Hasard de la naissance et de la vie qui s'ensuit mais aussi pour l'observer de plus près, fruit d'une décision interne, d'une attention soutenue, d'un engouement têtu comme tel écrivain ou même rapporteur qui ne saura travailler qu'au fond d'un bistro, et pas n'importe lequel bien sûr. Plus généralement, l'on écrit chez soi, se retirant dans son univers bien clos, et si la plupart s'installent à un bureau ou à un bout de table, d'autres s'affalent sur leur canapé voire restent dans leur lit dans des positions incongrues. Celles-ci les libèrent-ils quelque part ou bien au contraire leur apporte-t-elles davantage de rigueur par un jeu d'oppositions qui échappe au sens commun.

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    Pour digresser un peu sans jamais s'éloigner vraiment, de ce thème des conditions matérielles de l'écriture, il y a des héros que l'on ne glorifiera jamais assez, tel Marx griffonnant quelques unes de ses meilleures pages, dans la misère de son petit appartement londonien, entouré de sa femme et de ses cinq enfants, tous gelés, malades et affamés. Comment a-t-il pu écrire dans de telles conditions ? Quel prodige de concentration a-t-il fallu, à moins que tout au contraire, l'ambiance familiale mêlée aux détails sordides d'un quotidien difficile n'ait agi sur lui comme un engrais. Mais surtout l'on peut se demander dans quelle mesure son propre dénuement a influé son écriture et par là même, l'histoire.

    <o:p> </o:p>Mes propres réflexions me donnent envie de relire l'Idiot de Dostoïevski

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  • Dans le film Créance de sang, Clint Eastwood met en scène Terry McCaleb, profiler au FBI et nouveau transplanté cardiaque qui se retrouve à chercher le meurtrier de celle dont il possède maintenant le coeur.



    Bon prétexte cinématographique pour monter un thriller, les greffes cardiaques n'en posent pas moins des problèmes psychologiques à ses porteurs. Ici, bien sûr, le paradoxe est criant et ostentatoire, si la jeune fille n'avait pas été assassinée, McCaleb aurait peut-être péri par défaut d'organe disponible.



    Les greffes sont des réalisations chirurgicales grandioses et se perfectionnent sans cesse, allant toujours plus loin mais posent de multiples problèmes ethiques dont le plus abominable reste son trafic par prélèvement sur des vivants ou les assassinats perpétrés en ce but.



    L'on greffe maintenant des mains, des morceaux de visage, et tout récemment ce qui est à l'origine de ce post, un pénis dont la première greffe vient d'être réalisée avec succès en Chine sur un accidenté au corps mis en charpie. Cependant, le greffé et sa femme n'ont pas supporté le pénis étranger et ont demandé qu'il soit retiré.



    lire l'article http://fr.news.yahoo.com/20092006/202/chine-le-premier-greffe-du-penis-a-renonce-son-nouvel.html



    On note des problèmes similaires chez beaucoup de greffés et je me demande si de l'extérieur, on prend toute la mesure de ce que doit être de vivre en portant un ou plusieurs organes de personnes décédées surtout lorqu'il s'agit de parties visibles et intimes, avec non seulement l'impression coupable que l'on profite ainsi de leur mort mais aussi les vieilles hantises que cela peut provoquer telles que des impressions de possession par exemple.



    Car l'image du corps dont on parle beaucoup n'est pas tout. Puisque un organe manquant ou très abîmé la détruit encore davantage que l'organe remplacé.


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     Les nouvelles technologies nous livrent en vrac des tonnes d'information, jusqu'à la numérisation des images qui ne nous épargnent rien des détails que nous préférions ne pas voir.


    Que faire de tout cet excès d'informations que nous n'avons pas le temps de traiter comme elles le mériteraient et qu'il faut sans cesse éviter afin de se consacrer à l'essentiel dont les critères ne sont pas toujours évidents ?


    N'est-il pas de nature à rendre schizophrène cette société surmenée qui multiplie les contraintes plus rapidement qu'elle n'apporte le confort et la libération des servitudes basic, et qui nous oblige à opérer sans cesse de nouveaux tris, une nouvelle sélection de ce qu'il faut regarder et comprendre en priorité.


    Quand je vois des adolescents se désintéresser de tout et se réfugier dans les jeux vidéos ou autre construction dont le champ est limité à la surface de leur écran, circonscrit par des règles internes précises où il peut de nouveau jouer au démiurge à l'aide de sa seule manette, je me dis qu'ils fuient tout ce bombardement d'infos qui écrase leur temps, leur existence qui semble se réduire à une vie d'insecte


    Nous abordons maintenant le monde, en haute résolution et il semble que nos petits cerveaux se confrontent à ce qui leur paraît l'illimité


    tiendra-t-on le coup ?


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