• Passé ma journée en travaux et réparations, j'ai fait des trous dans les murs, remonté une chaise, recollé une glace, monté des cartons, descendu d'autres. Préparé le déjeuner. Pas le dîner, les gamins se sont débrouillés tous seuls. Mon mari et moi avons fini la tarte aux courgettes.

    Je ne suis sortie que pour chercher des serpillères, des éponges et du pq qui manquait.

    Poursuivi quelques pages de mes quelques bouquins en cours.

    Regardé la fin du film Malice avec je ne sais plus qui. Sur cassette. Il faut que nous refassions poser une parabole pour avoir de nouveau accès aux chaînes TV, ça commence à manquer.

    Faudrait que je télécharge quelques films. La flemme. Et puis notre lecteur dvd ne lit pas les divx, trop de bonne marque pour ça, j'en ricane

    Obligés chaque fois d'emprunter un lecteur aux gamins, des trucs qu'on a payé que 60 euros et qui font tout le boulot mieux que le nôtre qui en vaut 6 fois plus.

    Enfin, j'exagère un peu mais à peine et on ne va quand même pas se plaindre pour ça mais je le répète, ya de quoi ricaner

    Il faisait beau et très chaud.

    La vie de ménagère m'épuise. Vivement que je me remette à travailler au magasin.


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  • Franck L, Le voile de la Mariée, toile exposée galerie Norbert Hanse à Paris, XVIe 

    Meloman Lover a dit qu'il se rendait à un mariage à Béziers.

    Alors, je me souviens de mon propre mariage, voici quelques années; je ne me souviens plus de la date.

    Nous l'avions décidé pour des arrangements matériels et financiers, parce que cela nous paraissait mieux ainsi pour nos enfants. Les deux aînés étaient nos témoins.

    Le mariage précédent qui avait entraîné une vraie foule à sa suite avait rogné sur notre horaire et nous passâmes devant l'officier d'Etat civil et sa comparse bien plus tard que prévu. L'officier qui était également une femme nous regardait sans aménité. Il était bien évident qu'elle pensait que nous faisions tout pour nous moquer du monde en nous amenant ainsi simplement accompagné de deux de nos enfants et vêtus à l'ordinaire. L'hostilité durcissait son regard et le ton de sa voix quand elle se décidât à lire les formules d'usage après avoir grogné après des papiers comme si elle avait dû les chercher alors qu'ils se trouvaient devant elle. Nous avions même oublié les alliances.

    Quand tout fut apparemment fini et que nous nous levâmes pour partir, l'angoisse lui monta au visage, ses traits se défirent, elle balbutia un "vous ne vous embrassez pas ?"  Et pour lui faire plaisir car cela paraissait vraiment très important pour elle, nous avons échangé un baiser léger, rapide et maladroit car nous n'avons pas pour habitude de nous épancher en public et ce jour-là, nous l'avons très sincèrement regretté car elle paraissait tout à fait déçue et au bord d'une crise psychique comme si notre présence la déstabilisait de manière insupportable et était sur le point de déclencher un bad trip.

    Je me souviens qu'elle en avait surtout après moi, une autre femme, à peu près du même âge qu'elle. Elle voulait absolument me voir révéler que je vivais des moments dont j'avais toujours rêvé, qui m'avaient été refusés et auxquels j'accédais enfin.

    Or il n'en était rien. Je me surprenais  à m'en rendre compte sur le vif, car je m'étais demandé parfois, puisque mon compagnon était d'accord pour accepter toute option, si c'était un désir que j'avais refoulé sous de faux prétextes.

    Je prenais conscience de ma marginalité en ce que ce n'était pas l'acte du mariage que j'avais véritablement refusé mais toute cette société dans ses rituels et ses mondanités qui me sont définitivement étrangers. Et quand l'agent d'état civil me regarda une dernière fois, pour tenter de savoir ce qu'il en était: elle comprit brutalement que je niai sa valeur en tant que témoin même si j'en étais navrée. Et un instant, le partage de cette réalité qui nous divisait, nous rapprocha et c'était comme une révélation mystique dont je savais que l'agent municipal ne reviendrait pas tout à fait même si elle décidait de l'oublier.

    Je me pris à penser en catimini qu'elle ne serait plus jamais sûre d'avoir choisi le bon côté. C'était toujours ça de pris sur l'ennemi.

    Bien sûr, cela n'empêche pas que je regrette profondément mon attitude pour mes enfants, car il y a là inaptitude de ma part et je crois fermement qu'il est mieux pour des gosses que la mère soit parfaitement insérée à l'environnement. Cependant, c'est ainsi, l'on ne se refait pas. 


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  • Il est un truc qui me tracasse depuis tout ce temps que j'ai passé à Béziers.

    Il me semble que je l'ai toujours su. En tout cas bien avant que l'on me dise que Béziers était connu pour son rugby.

    Cela concerne ce qui, en langue d'Oc ou occitan, est nommé Gran Mazel ou Grande boucherie et qui désigne le massacre qui eût lieu à Béziers en juillet 1209 lors de la Croisade contre les Cathares.

    Je crois l'avoir lu la première fois dans un bouquin que me passa ma maman, un livre de Zoé Oldenburg sur les Cathares. Je ne me souviens plus du titre. Oldenburg disait que tous les historiens se demandaient pourquoi les biterrois assiégés depuis peu et disposant de ressources suffisantes pour tenir longtemps, avaient fait les cons au point de pratiquer une ouverture qui avaient permis aux ruffians de se ruer dans la ville.

    Je suppose que les coupables auraient vraiment mérité le Darwin Award.

    Vous pouvez lire les faits historiques sur le site Histoire de Béziers dont j'ai posé le lien à gauche.

    Pour moi, ceux-là ne m'intéressent pas tant.

    Mes préoccupations sont différentes.

    D'abord, même si les faits sont bien sûr cités quand les responsables y sont obligés, sachez qu'à Béziers, l'on parle très peu de ce massacre, très peu dans les écoles où l'on n'y fait parfois même pas mention et aucune reconstitution des faits n'a lieu, aucun rappel de ceux qui sont morts là, aucun rituel qui viendrait exorciser l'horreur.

    Bien sûr, c'est là chose ancienne. Mais quand même. Oldenburg signalait ce massacre comme unique dans de telles conditions.

    L'on a évalué le nombre de morts à 50/60000 personnes, autrement dit toute la cité y est passée. Massacrés, ceux qui s'étaient réfugiés dans les lieux saints, l'Eglise de la Madeleine (7000 morts probables) et la Cathédrale St Nazaire (dans les 8000) grillés, les survivants grâce aux brasiers allumés dans toute la ville.

    Donc tout à coup cette ville a été détruite et défaite de tous ses habitants.

    N'est-ce pas un traumatisme terrible pour une ville que tout ce sang versé ?

    Même si les faits sont vieux de 8 siècles, n'y a-t-il pas là de quoi l'avoir rendue malade ?

    et pourquoi n'honore-t-on pas la mémoire de ceux qui sont ainsi morts assassinés par bêtises conjuguées puisque Béziers n'était même pas une ville cathare

     

     

     


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  • Lundi 15h, nous avons eu la visite de la police dans notre boutique.

    Pourquoi ?

    Parce que notre fils nous remplaçant ce jour-là, a vendu un T-shirt orné d'une femme-lutin juchée sur une feuille de cannabis.

    Le pire est que le dit-t-shirt avait été retiré de la vente mais que notre fils, bon enfant, avait complètement oublié et que sur l'insistance d'un couple de clients, il a cherché partout derrière pour le trouver. Bien sûr, ce devait être un coup monté !

    Car tout aussitôt les flics ont débarqué dans le magasin, le fouillant entièrement, devant et derrière les présentoirs.

    Et ils ont trouvé bien évidemment (ce n'était pas caché) ce que nous avions remisé dans les tiroirs de réserve, soit le reliquat de bijoux et accessoires portant l'effigie de la feuille de canna que nous avions gardés pour les échanger contre d'autres produits auprès des fournisseurs qui nous les avaient vendus.

    Il faut dire que ces articles  dûment facturés étaient les "oubliés" de marchandises qui avaient été saisies l'année dernière par la police, à peu près à la même date et pour lesquelles nous sommes passés en correctionnelle, mon mari et moi.

    Bref pour 29 puces d'oreille, quelques pendentifs, des porte-clefs et autres produits ne dépassant pas 3€ pièce qui viennent d'être saisis et mis dans un sachet plastique du volume d'une petite pastèque, nous allons pour la seconde fois passer en correctionnelle pour incitation à la consommation de drogues et stupéfiants avec récidive.


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  •    

    Pourquoi Béziers ?

    Parce que j'y habite bien sûr, et depuis au moins 25 ans.

    J'ai donc passé presque la moitié de ma vie à toujours me plaindre d'y être.

    Forte de ce constat, une idée m'est venue hier:>

    En  Béziers, je Suis, physiquement et matériellement et, aussi avec moi, tous ceux que j'aime et pourtant, je  fuis mentalement cette ville et ne la regarde pas.

    Peut-être que cette fois, en l'observant attentivement, il se pourrait que je m'en éloigne. 


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